mardi 27 novembre 2012


Lancement d’une nouvelle campagne de lutte contre les discriminations


La Plate-Forme Prévention Sida lance une nouvelle campagne à l’intention du grand public, qui met en évidence différentes situations discriminatoires auxquelles sont confrontées les personnes séropositives

Basée sur les résultats d'une enquête, la campagne met en évidence des cas concrets de discrimination dans les domaines où ces discriminations sont réellement observées. ­ ­
Une enquête menée auprès des personnes vivant avec le VIH en Belgique francophone, ne laisse planter aucun doute : les discriminations dont sont victimes les personnes séropositives persistent.
Et ce, dans les différentes sphères de la vie quotidienne : soins de santé, vie affective, vie professionnelle, vie scolaire…

Dans le domaine médical, par exemple, l’enquête révèle que
13,1 % des répondants ont déjà connu des refus de soins du fait de leur séropositivité.
21,4 % déclarent avoir ressenti de la gêne de la part du personnel médical du fait de leur séropositivité.
Pratiquement, si la grande majorité des patients sont contents de leur médecin pour leur suivi, il demeure des problèmes de rejet dans d’autres secteurs des soins (dentiste, gynécologue, urgences hospitalières, etc.).
Certes, les trois quarts des personnes interrogées déclarent ne pas avoir connu de situation de discrimination dans leur vie sociale et professionnelle mais ce pourcentage doit être mis en relation avec le fait qu’une personne sur deux a déjà renoncé à quelque chose (un emploi, une formation, une activité sportive, une demande de prêt, une relation affective…) de peur d’être discriminée. De plus, la grande majorité des personnes interrogées (85,6%) ignorent l’existence d’une loi protégeant les personnes séropositives en Belgique.
Rappelons, en effet, que, depuis le 10 mai 2007, une loi anti-discrimination s’applique à tous les cas avérés de discrimination fondée sur l’état de santé actuel ou futur.
Elle concerne donc les personnes vivant avec le VI H. Selon la loi, discriminer, c’est traiter une personne de manière moins favorable qu’une autre dans une situation comparable, en raison, par exemple, de son état de santé, sans que cela ne se justifie.
Cette loi vise de nombreuses situations de discriminations dans des champs aussi divers que l’accès aux biens et aux services (le logement, l’horeca, les assurances...), l’emploi dans tous les secteurs ou la participation à toute activité, qu’elle soit économique, sociale, culturelle ou politique, pour autant qu’elle soit ouverte au public.

Mais à côté des discriminations légales, il reste un phénomène de rejet qui ne tombe sous le coup d’aucune loi et est très difficile à vivre pour les personnes séropositives qui en sont victimes. C’est le cas notamment dans la vie affectives : vie amoureuse, relations familiales, amitiés, sont parfois cruellement marquées par le rejet et l’exclusion, ou par la peur de ce rejet qui pousse certaines personnes séropositives à taire leur séropositivité, voire les confine à l’isolement (une personne sur dix n’a personne vers qui se tourner).

La loi est évidemment une bonne chose mais elle ne suffit pas. Il est tout aussi capital de faire évoluer les mentalités pour mettre fin aux discriminations.

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